Carnet de route
26/01/06: parce que j'ai fais pleurer ma fille.
Cela fait maintenant déjà quelque mois que j'ai réfléchis à cette notion de "carnet de route", qui, contrairement à
mes pages perpétuellement remaniées, permettrait au lecteur de se faire une véritable idée du combat que nous menons.
Malheureusement, pour ce faire, il faut parvenir, d'une part à écrire régulièrement, d'autre part à employer un style
d'écriture que je ne suis pas sûr de posséder.
Du coup, le temps passe, toujours occupé par mille choses plus importantes les unes que les autres. Dois-je oublier
cette idée et consacrer mon temps aux projets déjà en cours, ou dois-je profiter de la nouvelle année pour mettre ce
nouveau chantier sur les rails ? Après un premier dossier sur le dérèglement climatique, un second sur la décroissance
volontaire, et ce site qui me permet d'élargir encore le débat, qu'est-ce qu'un carnet de route personnel peut encore
apporter de plus à notre message ?
Certainement pas grand chose. Pourtant, quand je repense aux pleurs de mon aînée qui, fidèle a son habitude, nous
écoutait discuter en s'occupant à autre chose, et qui s'est mise à pleurer parce que ce qu'elle entendait mettait fin à
de nombreux rêves d'enfants, je ne peux que constater que je doit bien quelques explications à mes rejetons.
Alors, autant pour le lecteur intéressé par le chemin que nous avons pris, que pour permettre à mes enfants de revenir
sur cette période qui restera quand même certainement la plus facile de leur vie, j'entame
ici le carnet de route de notre "voyage immobile" vers un autre monde.
28/01/06: nouvelle journée.
Instants bénis pour débuter réellement ce carnet de route: le feu crépite dans la cheminée et je devrai avoir encore
quelques minutes de solitudes avant que le reste de la famille ne se lève...
15°C, ce matin, dans la pièce à vivre. Il faut dire que, cet hiver, les températures sont souvent négatives, et comme
nous avons, l'été dernier, décidé de ne pas racheter de fioul, nous tournons à l'économie. D'ailleurs, la chaudière ne
devrait pas tarder à s'arrêter, et nous devrons alors nous contenter de notre cheminée à foyer ouvert et des quelques
convecteurs que nous nous sommes procurés. Quant on pense que le seul chauffagiste qui ait pris le temps de venir nous
voir n'a jamais voulu nous vendre de chaudière à bûches...
Heureusement, les enfants ne se plaignent pas du froid. Au point que nous devons toujours leur dire de mettre leurs
chaussons et de s'habiller plus. Il est vrai qu'ils commencent à être habitué, puisque nous n'avions déjà pas chauffé
beaucoup l'hiver dernier. Seulement, cette année, nous avons la température des chambres dans la pièce à vivre!
En fait, c'est surtout Laurence, en permanence à la maison, qui en souffre le plus, mais elle organise maintenant ses
travaux autour de la cheminée. Et pour les devoirs des enfants, pas de changement puisque ceux-ci se sont toujours fait
sur la grande table de la salle à manger. La seule vraie nouveauté a été l'instauration du rituel de la pierre chauffée,
pierres que nous déposons le soir près du feu et que nous emportons ensuite dans nos lits pour réchauffer les draps.
Maintenant, nous en avons 2 chacun (une par pied ;-) !) et Laurence a même pris le temps de réaliser des petits sacs
de tissu pour les envelopper, ce qui nous protège des brûlures et gardes les draps propres.
05/02/06 : projets alimentaires
Déjà 2 jours que la chaudière s'est arrêtée par manque de fioul... Il ne reste plus qu'à souhaiter que nous dénicherons
un chauffagiste qui voudra bien nous installer une chaudière à bûches...
En attendant, nous essayons de faire progresser nos autres projets. Pour commencer par le plus ancien, le four à pain,
pépé Louis nous a annoncé cette semaine qu'il avait fini la porte en tôle. Pour éviter des trajets inutiles, nous allons
donc patienter jusqu'à leur anniversaire de mariage avant de la récupérer. Et si nous avons un peu de chance, Christelle
aura accouché entre temps, et nous en profiterons pour aller admirer le nouveau né.
Nous essayerons certainement de réaliser une mise en chauffe dans la foulée, c'est à dire vers la fin du mois, bien
qu'il soit probable que nous n'aurons pas le temps de nous procurer (ou de réaliser) les quelques outils qui nous
manquent (pelle à pain, râteau, etc.). Espérons quand même que nous pourrons bientôt nous atteler à la réalisation de la
pâte à pain et de son levain !
Ceci dit, il va aussi falloir que je m'occupe de mes futures plantations. En effet, cette année, j'ai décidé de
m'investir dans le potager, car il faut absolument que j'acquière quelques compétences dans ce domaine. Et étant donné
le temps nécessaire à ce type d'apprentissage, (la majorité des cultures ne peut être plantée qu'une fois par an, ce qui
repousse à l'année suivante les nouveaux essais !), si je veux que notre potager subvienne à nos besoins quand les prix
seront devenus prohibitifs, il est bien temps que je m'y mette ;-).
19/02/06 : mauvais temps.
Comme prévu, nous voilà donc en possession de notre porte de four à pain. Malheureusement, nous n'avons pas du tout
progressé dans l'acquisition des outils complémentaires, ce qui repousse d'autant notre première fournée, surtout que les
2 prochains week-ends sont déjà réservés par la famille. Corollaire, notre âne Marius est quelque peu délaissé, puisque
le manque de temps (et le mauvais temps !) ne nous permet plus notre promenade hebdomadaire...
Le mois de février aura quand même vu la réalisation du premier site Internet réalisé par Laurence. Pour l'occasion,
il lui aura fallut s'investir dans le traitement d'images, ce qui est fort gourmand en temps. Il ne reste plus qu'à
espérer que nos amis restaurateurs arriveront quand même à nous fournir les photos tant attendus. De
mon côté, j'ai commencé à récupérer le matériel nécessaire aux prochains travaux d'isolation que nous allons réaliser au
grenier (future chambre de Jeanne) et dans la petite maison. Mais il faut dire que la tâche n'est pas simple, tellement
la différence est grande entre les catalogues fournisseurs et les rayons du revendeur local. Il faudra donc prévoir de
sérieuses improvisations dans nos futures rénovations !
Au niveau familiale, nos derniers échanges avec nos familles nous ont quelques peu découragés, Laurence et moi.
S'apercevoir que malgré tous nos efforts, nos proches sont toujours aussi peu réactifs à l'urgence de la situation,
commence à nous peser. Que penser de l'efficacité de notre action si nous n'arrivons même pas à intéresser les personnes
qui nous connaissent ?
Heureusement, nos enfants continuent de s'épanouir. L'aînée vient de passer quelques jours à Paris chez des amis
(départ en voiture avec eux, et retour en train !), pendant que son frère et sa sœur profitaient des prés voisins pour
faire de la luge avec leurs petits copains (la fraîcheur de l'hiver a quand même quelques avantages). Je me réjouis aussi
de notre décision de déplacer la télévision, qui trône maintenant dans une pièce à part. Le principe était, d'une part, de
ne plus organiser notre pièce à vivre en fonction de la télé (qui avait, du coup, tendance à être allumée un peu trop
facilement), et, d'autre part, de rechercher à ne plus regarder d'émissions en directe (pour éviter la pub). Bien que l'on
ne puisse encore pas dire que la télévision a disparu de notre univers, nous avons quand même réussi à la rendre moins
omniprésente et ce, sans déclencher de révolution ;-) !
23/03/06 : giboulés
Mois de mars assez chaotique, cette année. Notre moral semble suivre les évolutions du temps, ce qui n’est pas très
brillant.
Il faut dire que cela fait maintenant de nombreux mois que nous travaillons sans relâches sur Internet, pour essayer
de faire réagir nos concitoyens. Graduellement, nous avons réalisé un dossier extrêmement documenté, et nos efforts
promotionnels ont réussi à faire apparaître nos pages en tête des recherches sur le dérèglement climatique. J’ai même
publié des articles sur un site journalistique « citoyen », et réalisé des outils pour les Internautes, comme notre
Terre’momètre, qui permet de calculer les rejets en gaz à effet de serre d’une famille.
Mais il nous faut bien nous rendre à l’évidence : les Internautes ne sont pas différents de mes collègues de bureaux,
de nos voisins, ou de notre famille. Nous obtenons donc aussi peu de prises de conscience avec ce média qu’avec les
échanges classiques. Autant dire que, quand on connaît l'état catastrophique des équilibres climatiques, et que l’on en
est réduit à constater la progression permanente de nos rejets à effet de serre, il arrive un moment où le désespoir
guette.
Nous sommes donc entré dans une de ces périodes, et il nous faut réagir. Naturellement, nous n'allons pas faire une
croix sur le problème et nous remettre à consommer comme si le temps allait tout arranger. De toute façon, indépendamment
du réchauffement, il est clair que l’épanouissement par la consommation n’est qu’un leurre qui n'amène qu'à l’avilissement.
Retrouver sa liberté ne pourra donc se faire qu’en sortant de cet engrenage. Par contre, il nous faut admettre que
l'écrasante majorité de nos compatriotes n’est pas sensible à nos arguments, et qu’il ne sert donc à rien de s’user la
santé à s’en préoccuper. Arrêtons de parler dans le vide, et cherchons plutôt à nous épanouir en redécouvrant les vrais
valeurs de la vie.
Pour se faire, rien de tel que de se lancer dans les travaux ! Malheureusement, le froid et la grisaille ne nous
invite pas beaucoup à sortir. Au jardin, malgré une terre assez boueuse suite aux différentes neiges, j’ai quand même
réussi à faire mes premiers semis, mais il y aura beaucoup à faire dès que la chaleur donnera le coup d’envoi de la
croissance. De la même manière, nos travaux de rénovation végètent. Laurence a commencé quelques repérages au niveau
électrique, mais l'entrain nous manque et le temps passe.
Pourtant, les projets ne manquent pas, et il suffira d’un peu plus de ciel bleu pour que nous retrouvions toute notre
ardeur. :-D
26/04/06 : lassitude
Nous voilà donc déjà à la fin du mois d'Avril, et les choses ne semblent pas avoir bougées. Naturellement, ce n'est
qu'une vue de l'esprit, mais cela démontre bien la lassitude dans laquelle je me trouve.
Pourtant, mes semis poussent tranquillement. Nous avons aussi réussi à faire cuire nos premiers pains dans le four à
pain de la petite maison (cela faisait quand même plus de 10 ans qu'on attendait ce moment) et Marius a fait sa première
balade avec un bât. Nous devrions donc pouvoir le faire travailler un peu cet été, en ramenant du bois, par exemple.
Au niveau des travaux d'intérieurs, Laurence a quelque peu avancé l'électricité de la future chambre de Jeanne, même
si elle est maintenant assez occupée par des travaux de couture qu'elle doit réaliser pour l'Association. Nous continuons
aussi à recevoir des chauffagistes, mais nous n'avons encore reçu aucun devis pour l'installation de notre future
chaudière à bûches. Dans la catégorie " ça ne progresse pas non plus ", nous avons notre connexion ADSL qui n'est toujours
pas capable de s'initialiser (rageant, quand cela fonctionne chez les voisins, mais pas chez soi !).
Heureusement, les enfants ne ressentent pas notre découragement, et profitent à fond des vacances. Première semaine
très occupée avec leurs petits camarades en vacances au village (ils ont même commencé à faire des excursions aux alentours),
alors que la seconde semaine est plus familiale, puisque nous accueillons des petites cousines...
Seul vrai fait nouveau du mois, bien qu'il n'ai pas marqué les foules, le rapport parlementaire de la mission sur
l'effet de serre démontre que la prise de conscience gagne nos hommes politiques (" C'est, sans alarmisme excessif, le
devenir même de l'humanité qui est mis en cause "). Espérons qu'eux, au moins, parviendront à faire passer le message.
31/05/06 : petit pas
Drôle de temps, cette année, où il neige dans les Vosges un 30 mai. Ici aussi,
le temps passe du chaud au froid (nous sommes obligés de rallumer régulièrement
nos radiateurs) et n'incite toujours pas aux travaux d'extérieurs. Le ciel
est pratiquement voilé toute la journée et il pleuvine régulièrement : on se
croirait à Londres.
Pourtant, les végétaux poussent et nous devons intervenir régulièrement pour
en limiter l'expension. Comme chaque année, nous sommes donc obligé de refixer
les limites de chacun, ce qui prend un certain temps sur nos 6000 mètres carrés.
Et dire que nous cherchons à acheter du terrain ;-) ! Il est vrai que nous avons
toujours des projets dans lesquels nous imaginons Marius en train de nous aider
à cultiver, et nous ne pouvons pas entreprendre ce genre de chose dans notre
potager...
Du coup, entre les visites familiales et la reprise en main de nos extérieurs,
les choses progressent doucement.
Nous avons refait une fournée de pain, mais nous pensons que nous n'arrivons
pas à monter le four suffisamment en température. Il faut dire qu'il n'est pas
facile de faire brûler du bois dans un endroit où l'air ne circule pas (l'air
entre et ressort par la porte). La meilleur méthode semble consister à utiliser
des fagots, ce qui va encore nécessiter une certaine adaptation de notre part
pour les préparer et les stocker.
Du côté de la chaudière à bûches, nous avons réussi à avoir un devis (astronomique)
contre 2 autres désistements. Pour faire progresser les choses, et comme il
semble clair que le problème vient de notre tubage en 125 alors que les chaudières
demandent au moins du 150, j'ai pris le parti d'enlever notre tubage et de passer
un gabarit de 170. J'attends donc les 2 prochains chauffagistes avec de nouvelles
armes...
Et pour finir sur une note positive, nous avons enfin l'ADSL. Du coup, nos
enfants peuvent profiter du téléphone gratuit et discuter avec d'autres
Internautes. En même temps ;-) !
07/07/06 : fin de l'hibernation
Ça y est, nous n'avons plus froid !
Et nous sommes même obligé de nous protéger de la chaleur, mais là, nous sommes armés. En organisant nos travaux en
fonction de l'heure, nous arrivons sans trop de mal à limiter nos labeurs extérieurs aux périodes fraîches, et à nous
retrancher derrière nos murs épais quand la canicule le nécessite (je parle, évidemment, des jours où j'ai la chance
d'être à la maison, et non de ceux où je dois essayer de ne pas me liquéfier au bureau).
Évidemment, il nous arrive encore assez souvent de transpirer, mais c'est en échange du plaisir que procure tous les
travaux entrepris de son propre chef. Et ils sont nombreux en cette période où la végétation bat son plein. Du coup, même
si certains de nos muscles se rappellent à nous, notre corps sort de sa torpeur, et avec lui, notre esprit. Le moral est
donc au rendez-vous, même si, sur le fond, rien n'a changé. Oublions quelque peu la grisaille à venir pour nous concentrer
sur l'instant présent.
Les enfants sont maintenant en vacances, après une année scolaire plus que satisfaisante. Nos 2 grands (Jeanne - 5ème
et Éric - 6ème) ont survolé leur année, nous ramenant chacun un diplôme de " bon élève ", alors que Cécile (CE2) continue
de rattraper son retard. Ils peuvent donc maintenant profiter au mieux de leurs vacances, Jeanne en " jouant " aux
grandes avec ses copines, Éric en entraînant ses petits camarades dans des jeux qu'il passe son temps à créer, et Cécile,
en replongeant dans le monde de l'enfance, sauf quand elle est invitée à participer aux jeux des garçons, ce qui arrive
quand même assez fréquemment.
Pour l'instant, et bien que je sois totalement convaincu de la nécessité de leur inculquer la notion de l'effort
physique, je dois avouer que je n'ai pas beaucoup le cœur à les obliger à participer à nos travaux. Pour la plus grande,
la chose risque d'être difficile, car elle semble plutôt considérer son corps comme un emballage que comme un outil de
travail. Pour le garçon et la plus jeune, l'espoir est encore permis et il serait temps que je les incite à nous donner
quelques coups de main. Pour l'heure, ils ont quand même entrepris la construction d'une cabane dans les bois, et si
celle-ci est encore loin d'être finie, elle leur permet déjà de pique-niquer dans la nature !
Du côté des adultes, le train-train continu. Laurence poursuit inlassablement son labeur au grenier, où un premier
pan du toit a été isolé. Nous passons pas mal de temps dans " le pré ", où il a fallut cueillir les cerises et s'occuper
du potager (les framboises nous ont déjà régalé), mais nous avons eu le temps de déplacer le bois pour préparer la
prochaine livraison. Nous avons même rentré du foin pour Marius.
Pour que le prochain hiver soit vraiment agréable, il ne reste plus qu'à installer la chaudière à bois. Après plus
d'un an de recherche, nous avons fini par trouver un chauffagiste qui nous l'a promis pour septembre. Bien que notre
confiance dans la profession est pas mal diminué, nous sommes rassuré par le fait que nous avons reçu le poêle que nous
avons acheté pour le gîte.
Si vraiment nous n'arrivons pas à nous faire installer cette chaudière, nous installerons le poêle dans notre
habitation pour cet hiver !
13/11/06 : la reprise des écrits.
Déjà plus de 4 mois depuis mon dernier écrit dans ce carnet ! Et je dois même avouer que mon silence a touché
quasiment toutes les pages que je tenais régulièrement à jour...
Grosse flemme, donc, suite à un découragement profond qui m'a amené à carrément arrêter mes éditoriaux sur
VieRurale.com, et à limiter mes articles dans la section
À la tribune.
De la même manière, mes travaux physiques - par opposition à mes travaux liés à Internet - ont subit cette phase de
désespoir : les vacances d'été n'ont donc pas vu progresser notre gîte. Par contre, les travaux de désherbage du jardin,
la récolte des fruits - et leur transformation sous forme de confitures ou de conserves - ainsi que la production de
quelques kilos de pains, les ont bien occupé. Seuls quelques vaines tentatives de rangement de ma grange-atelier-foutoir
m'ont amené à travailler dans ce bâtiment.
Ceci dit, la place récupérée n'est pas restée inoccupée très longtemps, puisque Zet est venu y installer notre
nouvelle centrale de raffinage. Son principe ? Transformer une huile usagée, donc un déchet qui fini au moins une fois
sur 2 dans la nature, en une huile-carburant qui possède un bilan neutre au niveau des émissions de CO2...
Du coup, la rentrée nous a surpris sans que nous ayons réellement vu passer nos vacances, et nous avons replongé
directement dans les occupations traditionnelles du mois de septembre (autrement dit, la rentrée scolaire). Peu de temps
libre pour Laurence, donc, puisque c'est elle qui s'occupe de tout ce qui concerne nos enfants. En plus de l'intendance,
des devoirs, il lui faut maintenant s'organiser pour accompagner Cécile chez la psychomotricienne et l'orthoptiste.
Mais la particularité de cette année est surtout venue d'une petite annonce Internet qui décrivait la mise en vente
d'une ferme traditionnelle (bâtiments en pierres).
Cela fait maintenant de nombreux mois que nous suivons épisodiquement les mises en vente de vieilles maisons, dans
l'espoir d'en trouver une suffisamment en ruine pour avoir les fonds nécessaires pour l'acquérir, et la retaper
tranquillement. Pour le coup, cette annonce ne correspondait pas du tout à nos projets, mais le fait que la propriété
possède une seconde habitation me fit voir les choses autrement : " et si nous parvenions à " échanger " notre propriété
actuelle contre celle-ci, ne gagnerions nous pas toutes les années qui nous séparent de la fin de la construction de
notre gîte ? "
Vu sous cet angle, notre quête s'en trouva transformée : au lieu de chercher des ruines accessibles à nos modestes
économies, nous pouvions envisager des montants beaucoup plus important, à condition, bien évidemment, de nous résigner
à vendre notre propriété.
Est-il nécessaire de préciser que les semaines qui suivirent furent assez confuses ? Entre nos inquiétudes à remettre
en cause notre vie actuelle, et notre entrain à imaginer l'avenir, notre moral a joué au yoyo. Nous avons donc épluché
les annonces, commencé à nous renseigner auprès de la chambre d'agriculture et ... repris avec ardeur nos travaux.
En effet, la perspective de revendre notre maison nous pousse à finaliser le plus possible les travaux entrepris.
Naturellement, nous n'envisageons pas de terminer le gîte, mais au moins de mettre en place toutes les poutres que nous
avons déjà achetées. Du coup, nous avons attaqué la réalisation du troisième plancher, ce qui nécessita la pause de 2
poutres de plus de 4 mètres, de section 20x30 (soit environ 250kg). À ce jour, il ne reste donc plus qu'à placer
l'ossature de la quatrième surface et notre cour sera enfin débarrassée de sa pile de poutres.
De la même manière, les travaux de la chambre du grenier, dont la rénovation était suspendue dans l'attente de la
livraison de ses nouvelles fenêtres, ont repris. Mais là, je dois dire que je ne participe pas beaucoup puisque c'est
Laurence qui a pris les choses en mains. Et au rythme où elle va, il y a fort à parier qu'elle aura fini avant moi,
même si elle continue à m'aider le week-end ;-) !
Nous approchons donc à grand pas de la fin d'année sans réellement parvenir à nous organiser. Devrons-nous déménager
rapidement ou serons-nous encore là l'été prochain ? Espérons, en tout cas, que tout ceci ne perturbera pas trop les enfants.
01/12/06 : retour au calme.
Après des semaines assez mouvementées, le calme semble vouloir se réinstaller chez nous. Il faut dire qu'avec la fin
d'année qui approche, nous voyons diminuer l'espoir d'une vente rapide. Du coup, nous refoulons quelque peu nos rêves et
essayons de reprendre une vie normale.
Laurence poursuit sans relâche ses travaux d'aménagement du grenier, dans le secret espoir de finir la chambre avant
Noël, ce qui permettrait à notre aînée d'en profiter même si nous devons partir au printemps. À ce jour, l'isolation est
totalement en place et il ne reste à poser la frisette que sur 2 pans de murs. Si les finitions (tour des fenêtres,
découpes de marches d'escalier et autres accès aux boîtes de dérivation) ne sont pas trop pénibles, le challenge pourra
être tenu...
En attendant, cela lui permet toujours d'avoir chaud (le bricolage, ça réchauffe !) malgré nos déboires avec notre
chaudière. Serait-il dit que nous devrons passer notre deuxième hiver sans chauffage central ? En tout cas, notre
chauffagiste n'arrive pas à alimenter correctement nos radiateurs et le ballon tampon de 750 litres d'eau (sensé
lisser les variation de température qu'entraîne toujours un chauffage au bois). À quand l'expertise du fabricant ?
De mon côté, je délaisse quelque temps mes poutres pour essayer de retourner notre potager avant l'arrivée des grandes
gelés. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne suis pas particulièrement en avance, mais la douceur (misère, que
les saisons sont perturbées) de cette fin d'année me laisse une chance. Il sera toujours temps, ensuite, de retourner
dans notre grange pour mettre en place les piliers du dernier niveau.
Pour terminer avec les enfants, si j'omets les petites frictions liées à l'approche de l'adolescence, l'ambiance est
toujours excellente. Ce qui devrait nous donner du baume au cœur pour préparer les fêtes de fin d'année !
09/01/07 : nouvelle année.
La reprise de cette nouvelle année 2007 est assez rude pour le moral.
Au niveau professionnel, les choses ne s'arrangent pas et la survie de mon service semble de plus en plus compromise.
Sur le principe, cela n'est pas nouveau, puisque cela fait maintenant plusieurs années que j'assiste à la lente agonie de
notre agence, mais cela devient de plus en plus pénible à vivre. Espérons qu'une décision sera prise rapidement, quelqu'en
soit le sens...
Comme prévu, pas d'avancée au niveau de possibles acquéreurs, la période hivernale ne s'y prêtant guère. Par contre,
les vendeurs de la ferme que nous convoitons ont ajouté du terrain, ce qui augmente le prix. J'en conclus qu'ils
profitent de la nouvelle année pour relancer la vente en espérant toucher une autre catégorie d'acheteurs. Notre offre, si
nous arrivons un jour à la faire, risque donc de ne pas être retenue, tout au moins tant que la bonne saison ne sera pas
complètement passée...
Du coup, le moral en prend un coup et il n'est pas facile de se lancer dans des projets. Laurence à quand même quasiment
fini la chambre de Jeanne (il faut encore donner 2 ou 3 coups de pinceaux, nettoyer, poncer et protéger le sol) et nous
espérons faire le déménagement prochainement. Avec cette pièce en plus, nous devrions pouvoir dégager de la pièce de
travail de Laurence tout ce qui n'a rien à y faire, ce qui lui redonnera (peut-être) sa fonction première.
Pour ma part, après avoir quelque peu prêté la main pour la chambre, je souhaite consacrer mes prochains week-ends à la
mise en place d'une couche chaude au jardin (procédé qui permet de faire des plantations sans attendre la fin des gelés).
Puisque nous avons un âne, autant profiter de ses rejets !
Et pour finir sur une note réjouissante : la chaudière n'arrive toujours pas à nos chauffer correctement.